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Journal Officiel du 5 novembre 1957
Décret du 25 octobre 1957
Art. 1. Sont naturalisés Français :
Nom de famille : ARNAUTU
Prénom : Alexandre
Date de naissance : 15 mai 1923
Lieu de naissance : Pirdop (Bulgarie)
Décret numéro : 5932x54-75.
Nom de famille : ARNAUTU
Prénom : Georgette
Date de naissance : 7 août 1920
Lieu de naissance : Avon (Seine-et-Marne)
Décret numéro : 5932x54-75
Je venais d’avoir 5 ans quand mes parents ont été naturalisés français et aussi loin que je me souvienne ces trois petits mots « sont naturalisés français » étaient porteurs pour eux d’une immense émotion. Ma mère était italienne de naissance et mes grands-parents paternels nés en Macédoine grecque avaient émigré en Bulgarie où mon père et ses 5 frères et sœurs sont nés. Les aléas de la vie les ont ensuite conduits en Roumanie. Puis, à l’instar de la « Maritza » de Sylvie Vartan « quand l’horizon s’est fait trop noir, tous les oiseaux sont partis sur le chemin de l’espoir et mon père les a suivis à Paris ».
Mes parents m’ont toujours répété « tu es la première Française de la famille » et cette phrase a toujours résonné à mes oreilles comme un privilège exceptionnel qui m’était dévolu et que je me devrai d’honorer tout au long de ma vie. C’était aussi dans mon esprit d’enfant puis d’adolescente une très lourde responsabilité : celle de ne jamais décevoir cette terre qui avait accueilli mes parents et qui avait donné à mon père une « patrie ». Réfugié politique, mon père a eu en arrivant en France le statut « d’apatride » car il avait été « dénationalisé » par la Roumanie.
Apatride c’est-à-dire « sans père », sans nation c’est-à-dire « sans peuple », c’est-à-dire « sans rien », séparé de ses parents de sang ; séparé de ses parents de terre. C’est sans doute ces privations terribles qui ont poussé mon père à nous élever dans cette exigence du respect et de la reconnaissance de la France et sans doute encore plus que s’il y était né : nous étions débiteurs à son égard.
Forte de cet engagement à vie, et encore davantage depuis que cette terre de France a enseveli les corps de mes parents, je crois profondément que notre esprit national se définit par :
• Un honneur et une fierté qui ne peuvent briller que dans la mesure où la France réussira à se conformer dans son développement à ceux qui ont fait son histoire sur la conception du christianisme
• Un patrimoine matériel : la terre de la patrie et ses richesses
• Un patrimoine culturel né de ses propres efforts dans le domaine de la pensée et de l’art, devenant international par sa splendeur et son rayonnement
Le blé et le pain peuvent être internationaux en tant qu’articles de consommation mais ils porteront toujours et en tous lieux l’empreinte de la terre qui les a produits.
Ces trois patrimoines ont une importance capitale mais l’importance la
plus grande doit être réservée au patrimoine spirituel, portant à lui
seul le cachet de l’éternité substituant à travers les siècles.
Voltaire écrivait « Identité : ce terme scientifique ne signifie que
même chose : il pourrait être rendu en français par mêmeté. » Et c’est
cette « mêmeté » que l’on veut à tout prix nous ôter aujourd’hui en
prônant l’anti nation à tout prix. L’Europe de Bruxelles et son frère
mondialisme sont bien sur les premiers artisans de cette destruction
avec un seul postulat, tout repère naturel doit nous être retiré : les
frontières historiques de notre nation pour lesquelles nos ancêtres se
sont battus au péril de leurs vies, le christianisme base première de
notre civilisation occidentale raillé sans vergogne, la famille
ringardisée et déstabilisée au quotidien. Les résultats de cette
dictature de la pensée ne se font pas attendre : les délocalisations et
leurs cortèges de licenciements et de drames, la montée alarmante de
tous les communautarismes et de leurs violences, la désespérance de
notre jeunesse puisque le suicide est la deuxième cause de mortalité
chez les 15/25 ans, l’abandon de nos personnes âgées qui n’attendent
plus parfois que la mort avec impatience. Quand il n’y a plus de
nation, il ne peut pas y voir de solidarité nationale, l’égoïsme règne
en maitre les intérêts personnels prennent inévitablement le pas sur
l’intérêt collectif. Cette France là je n’en veux pas. Je ne veux pas
d’une France qui ment, qui appelle les clandestins des sans papiers,
qui accepte le concept de la double nationalité comme celui de
polygamie, qui défend les enfants des autres avant de veiller sur les
siens qui désespèrent chaque jour un peu plus. Je ne veux pas de cette
France qui n’a plus aucune fierté, qui se laisse insultée en baissant
les yeux, qui remplace de plus en plus son drapeau par celui virtuel de
l’Europe, qui n’enseigne même plus dans les écoles laïques de la
république la langue et la grammaire française, je ne veux pas d’une
France que notre jeunesse a envie de quitter, je ne veux pas de cette
France qu’on pille chaque jour un peu plus, qui délaisse ses plus
déshérités. Il n’y a pas à mes yeux de plus monstrueuse éducation que
de brimer ses enfants, de les culpabiliser, de les maltraiter tant
moralement que physiquement, de leur dicter leur façon de penser. Et
c’est bien ce que fait cette France aujourd’hui avec les siens.
Un terrible sentiment de solitude m’envahit depuis la mort de mon père
et de plus en plus me vient le regret de ne pas l’avoir assez interrogé
en croyant bêtement qu’il était éternel, j’aurais du enregistrer cette
phrase qu’il m’a tant de fois répétée : « les Français sont des gens si
accueillants, si gentils ». A l’heure où on célèbre la chute du mur de
Berlin à coups de flons flons, a-t-on même évoqué les 80 millions de
morts du communisme, a-t-on seulement pris conscience que trois
générations ont été sacrifiées sur l’autel de la dictature ? Pense t on
vraiment que nous sommes à l’abri d’une même catastrophe ?
On oublie que dans les années 70 et avant la chute du rideau de fer,
les Roumains réfugiés politiques ne pouvaient retourner en Roumanie
qu’après avoir « renoncé » à la nationalité roumaine, moyennant
finances auprès de l’ambassade roumaine à Paris.
Bien sûr, il m’arrive chez moi de rêver à ce qu’il me racontait de son
enfance en Bulgarie et de la vallée des roses, bien sur je verse des
larmes quand j’écoute le violon ou la flûte de pan de la musique
roumaine, bien sur j’ai cette nostalgie au cœur quand une chanson
napolitaine vient me rappeler la douceur de ma mère mais tout ça se
passe chez moi. On ne demande pas aux Français d’origine étrangère de
renier le passé de leurs parents ni leurs traditions transmises de
génération en génération, on exige simplement qu’ils ne les imposent
pas publiquement au pays qui les a accueillis.
Pour combler le manque charnel de mes parents et cette tristesse
infinie qui m’envahit parfois, je n’ai rien trouvé de mieux que le
travail et la poursuite de mon combat politique tant que Dieu m’en
laissera la force : je le dois à la France, je le dois à mon père.
Aujourd’hui plus que jamais, pour mes enfants et pour mon pays, je me
battrai pour la liberté, car être Français c’est aussi et d’abord être
libre. Ce serait un crime de ne pas mettre toute notre énergie dans
cette lutte pour la préserver. Notre liberté de parole, d’action et de
pensée est menacée, chaque jour un peu plus et notre identité nationale
dépend de notre capacité à la reconquérir à tout prix. Le temps nous
est compté et chacun d’entre nous doit s’y employer.
Selon notre conception de la nationalité au Front National, je n’aurais
pas du bénéficier du droit du sol qui m’a faite Française puisque je
n’en ai pas « hérité ». Je ne suis pas Française de sang. Je crois
pourtant que mes 36 ans de combat politique auprès de Jean Marie LE PEN
ont été mon petit tribu payé à la France pour essayer d’avoir « mérité
» la nationalité qu’elle m’a offerte en cadeau à ma naissance, mille
fois plus précieux que les petites cuillers en argent de certains.
Français, je vous en conjure, relevez la tête !
Marie-Christine Arnautu
Présidente du groupe Front National au Conseil Régional d'Ile-de-France
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